Le E.T. trio en 2017, c’est quoi et qui?

Salut à tous,

combien de bassistes et batteurs ont participé à mon expérience Tribute to Jimi avec moi, honnêtement, j’ai arrêté de compter. Ceci s’explique par le fait qu’il existe une vraie difficulté à trouver le bon trio pour jouer Jimi : la grande variété des styles que le maître à visiter de son vivant. Rock, Pop, Funk, Blues, Hard rock, Fusion, R’n’B, Jazz, il est un des très rares artistes à avoir osé allé dans tous ces sens en même temps. Et avec quel bonheur!

Du coup, pour bien jouer Hendrix, il faut des gars capables d’assurer dans tous ces styles, ce qui est loin d’être monnaie courante. Certains des musiciens avec lesquels j’ai joué ce tribute étaient parfaits pour un ou deux styles en question, mais pas du tout « dedans » pour les autres ce qui m’a à chaque fois demandé une ré-adaptation du show à présenter en fonction de l’équipe qui se montait. Je n’étais pas plus hétéroclite que mes partenaires et je reconnais bien volontiers que toutes ses équipes m’ont appris à mieux connaître le répertoire hendrixien, que toutes m’ont apporté quelque chose musicalement, même si aucune ne m’a jamais pleinement satisfaite.

C’est la vérité : visiter tous ces différents styles, je n’en étais pas plus capable que les autres. Mais à la différence de la plupart des musiciens qui s’y sont essayés à mes côtés et qui ont abordé l’expérience en (se) disant : « Ouais, bon, ok, Hendrix c’est le gars qui bouffe sa gratte et joue avec ses dents, du bruit souvent, ça va pas être bien compliqué à mettre en place cette musique de hippie de base », et qui, une fois face à l’oeuvre, mesuraient leurs erreurs d’appréciation, d’abord, se rendaient compte du travail à effectuer ensuite, pour, à partir de là, se décourager plus ou moins vite en fonction de leurs motivations face à la montagne qu’ils venaient de découvrir devant eux, j’ai quant à moi, depuis le début, une conscience très aiguë de ce que représente le travail effectué par  Jimi en matière de création sonore. Je sais tout le talent (les talents !) du monsieur. Depuis le départ, j’ai l’intime conviction de l’extrême difficulté qu’il y a à restituer, tant bien que mal, cette oeuvre musicale majeure du 20ème siècle. Rien n’est simple dans Hendrix. Mais tout est bon.

J’ai essayé de m’approprier ses thèmes pour les rendre à ma façon, et je dois dire qu’il y a eu certaines réussites dans ce point de vue décalé qui reste intéressant à mes yeux et oreilles. Mais aujourd’hui, c’est essentiellement le plaisir du jeu et de la performance live autour des chansons de Jimi dans des versions aussi proches que possibles des versions d’origine, qui m’amuse le plus.

Juste avant l’été 2016, deux jeunes musiciens de mes connaissances, Thibaud Innocenti et Manu Roussel, respectivement bassiste et batteur d’un très bon groupe de ma région (the Wicks) qui se retrouvaient en rade de dates avec leur band sont venus me trouver en me disant : « Hey! Tu voudrais pas qu’on joue un peu de Jimi ensemble? » Comme ces deux gars sont d’excellents musiciens et que mon trio manquait de corps à ce moment-là, j’ai dit pourquoi et nous voilà parti à jouer à droite à gauche tout l’été 2016 avec beaucoup de joie. Thibaud avait déjà joué Hendrix avec moi l’été 2015 pour deux remplacements. Lui et Manu ayant grandis dans le rock, j’ai proposé que l’on joue ensemble les morceaux les plus rock de Jimi, pour un show plus court mais aussi plus pêchu. L’affaire a fonctionné immédiatement et les gars semblaient prendre autant leur pied que moi dans cette nouvelle expérience.

Evidemment, comme souvent, c’est au moment où nous commencions à être bien rodés que la vie nous a éloigné dès septembre, Thibaud s’en allant travailler sur Berlin, Manu à Paris et moi en Provence dans mon école de musique.

Mais nous nous sommes retrouvés en décembre pour un enregistrement comme j’en rêvais depuis toujours, en studio (NY music Center (26)) et en vrai live, sans aucun re-re, sauf pour la voix, séance dont nous avons tiré un teaser qui montre assez bien ce que le trio est capable de donner musicalement .

Puis en avril, comme Thibaud était sur Berlin, il nous a trouver quelques dates dans cette ville de dingues, des concerts très underground, mais très agréables à vivre malgré la petite taille des lieux fréquentés,  des moments de vie des plus plaisants à partager.

A présent, les gars sont de retour en Provence pour quelques temps. Je suppose que nous allons joué dans le coin même si rien n’a été clairement planifié en amont. Pour la suite, Manu étant sur Paris, nous devrions jouer dans la capitale dès cet automne.

Alors, à vous agendas, et à bientôt, ici ou là. Et bien sûr, keep on rockin!